Comment faire écrire la biographie de ses parents ?

Il y a des questions que l’on remet à plus tard.

On se dit qu’on demandera à sa mère comment elle a rencontré son père. Que l’on écoutera un jour les souvenirs de son enfance. Que l’on prendra le temps de regarder les photographies anciennes, de demander qui sont ces visages dont les noms commencent à s’effacer.

Et puis les années passent.

Un jour, on réalise que certaines histoires sont déjà en train de disparaître.

Faire écrire la biographie de ses parents, c’est précisément cela : prendre le temps de recueillir une vie avant que le temps n’en emporte les détails.

Ce n’est pas seulement raconter des dates, des lieux et des événements. C’est faire entendre une voix, retrouver une atmosphère, comprendre ce qui a construit une personne. C’est transformer des souvenirs parfois dispersés en un récit qui pourra être relu, partagé et transmis.

Et lorsque l’on ne se sent pas capable d’écrire soi-même cette histoire, faire appel à un écrivain biographe permet de confier ce travail à quelqu’un dont c’est le métier.

Pourquoi faire écrire la biographie de ses parents ?

Trois médailles suspendues à des rubans colorés, posées sur un fond en tissu vert.

Nous connaissons souvent nos parents sans connaître réellement leur histoire.

Nous connaissons leur rôle de père ou de mère. Nous avons vécu auprès d’eux, partagé des vacances, des repas de famille, des joies et parfois des épreuves.

Mais que savons-nous de l’enfant qu’ils ont été ?

De leurs rêves à vingt ans ?
De la maison dans laquelle ils ont grandi ?
Des rencontres qui ont changé leur vie ?
Des choix qu’ils ont dû faire ?
De ce qu’ils ont traversé sans toujours en parler ?

Il existe, dans chaque famille, une part d’histoire qui reste dans l’ombre.

Faire écrire la biographie de ses parents permet de leur donner une place différente : celle de la personne qu’ils ont été avant d’être nos parents.

C’est souvent une découverte.

On entend alors des souvenirs que l’on n’avait jamais entendus. On comprend certains silences. On découvre des fragilités, des audaces, des renoncements ou des rêves oubliés.

Et parfois, le regard que l’on porte sur ceux que l’on croyait si bien connaître change doucement.

Mais comment convaincre ses parents de raconter leur histoire ?

C’est souvent la première difficulté.

Beaucoup répondent :

« Ma vie n’a rien d’extraordinaire. »

Ou :

« Qu’est-ce que tu veux que je raconte ? »

C’est précisément là que commence le travail du biographe.

Une biographie familiale ne repose pas nécessairement sur une vie exceptionnelle. Elle repose sur une vie singulière.

Une enfance dans une ferme peut raconter une époque entière. Une maison de famille peut devenir le décor d’une histoire qui traverse plusieurs générations. Un métier, un mariage, une guerre, une maladie, un départ ou une rencontre peuvent prendre une profondeur nouvelle lorsqu’ils sont replacés dans le fil d’une existence.

Il n’est donc pas nécessaire d’avoir « quelque chose à raconter ».

Il suffit d’avoir vécu.

Le rôle du biographe est ensuite de poser les bonnes questions, celles qui font remonter les souvenirs et permettent aux détails de retrouver leur place.

Faut-il écrire soi-même la biographie de ses parents ?

Bien sûr, c’est possible.

Et c’est même une belle démarche lorsqu’un membre de la famille aime écrire et dispose du temps nécessaire.

Mais écrire la vie de ses propres parents n’est pas toujours aussi simple qu’on l’imagine.

Parce qu’on connaît déjà une partie de l’histoire.

Parce que certains souvenirs sont chargés d’émotion.

Parce que l’on hésite parfois à poser certaines questions.

Parce qu’on peut avoir tendance à protéger, à juger, à interpréter ou, au contraire, à rester trop près de ce que l’on sait déjà.

Le regard extérieur du biographe apporte une autre liberté.

Il écoute sans avoir besoin de compléter les phrases. Il peut revenir sur un détail qui semble anodin. Il ose demander : « Pourquoi ? », « Que ressentiez-vous à ce moment-là ? », « Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? »

Il ne connaît pas la famille avant de commencer le récit.

Et cette distance est précieuse.

Elle permet de laisser toute sa place à la parole de celui ou celle dont on raconte la vie.

Comment se déroule l’écriture d’une biographie familiale ?

Deux femmes assises sur un canapé en train de discuter, entourées de papiers et de classeurs, avec des sourires. La pièce est lumineuse avec de grandes fenêtres.

Le travail commence généralement par des entretiens.

Pas une interview au sens journalistique du terme, avec une succession de questions auxquelles il faudrait répondre rapidement.

Plutôt une conversation approfondie.

On revient sur l’enfance, les parents, les frères et sœurs, l’école, les premiers souvenirs, les rencontres, le travail, les choix de vie, les joies, les difficultés, les personnes importantes.

Puis les souvenirs en appellent d’autres.

Une odeur rappelle une maison.
Une photographie fait surgir un prénom.
Une date fait revenir une scène.
Une vieille lettre ouvre une porte que l’on croyait fermée.

C’est ainsi que le récit se construit.

Écouter. Questionner. Comprendre. Écrire.

Le biographe recueille la parole, mais il ne se contente pas de la retranscrire. Il cherche le fil qui relie les événements, la manière dont une vie s’est construite, ce qui donne du sens aux différentes étapes.

Puis vient le temps de l’écriture.

Les heures d’entretien deviennent des pages. Les souvenirs trouvent leur place. Les répétitions disparaissent. Les silences peuvent être respectés. Les détails prennent de l’importance.

Peu à peu, une vie racontée devient une histoire.

Et si l’on voulait offrir cette biographie à ses parents ?

C’est une très belle idée de cadeau.

Mais je crois qu’il faut éviter de présenter la démarche comme un simple « livre sur leur vie ».

Le véritable cadeau est ailleurs.

C’est le temps que l’on décide de leur consacrer.

Le temps de les écouter.
Le temps de revenir sur leur enfance.
Le temps de leur demander ce qu’ils n’ont jamais raconté.
Le temps de regarder avec eux les photographies anciennes.
Le temps de comprendre.

Et, au bout de ce travail, il y a un objet que l’on peut tenir entre ses mains.

Un livre.

Avec leur nom sur la couverture.

Leurs souvenirs à l’intérieur.

Leurs mots, leurs lieux, leurs rencontres, leurs joies, leurs épreuves.

Un livre que les enfants pourront lire aujourd’hui, mais que les petits-enfants ouvriront peut-être dans vingt ou trente ans.

C’est cette dimension-là qui me touche particulièrement dans la biographie familiale : elle permet à une histoire intime de continuer à vivre au-delà de celui ou celle qui l’a vécue.

Que faire lorsque ses parents ne souhaitent pas raconter leur vie ?

Il faut respecter leur choix.

Une biographie ne peut être réussie que si la personne accepte de se livrer librement.

Parfois, pourtant, le refus vient simplement d’une idée reçue : « Ma vie n’intéressera personne. »

Dans ce cas, il peut être utile de changer la manière de présenter le projet.

Il ne s’agit pas de publier leur vie.

Il ne s’agit pas non plus de raconter leurs secrets.

Il s’agit de laisser une trace pour la famille.

Et le livre peut rester entièrement privé, réalisé en quelques exemplaires seulement.

Il peut être destiné aux enfants, aux petits-enfants, ou simplement à la personne elle-même.

Il n’y a pas de public à conquérir.

Seulement une histoire à préserver.

Faut-il tout raconter ?

Non.

Une biographie n’a pas besoin d’être exhaustive pour être juste.

Certaines choses peuvent rester dans le silence. Certains souvenirs peuvent ne pas être racontés. Certains événements peuvent être évoqués sans être détaillés.

Le biographe n’est pas là pour forcer une confidence.

Il accompagne une parole.

Une bonne biographie ne dit pas tout. Elle dit ce qui compte.

C’est aussi pour cela que le travail d’écriture est essentiel : il permet de trouver la juste distance entre fidélité et pudeur, entre vérité et intimité.

Faire écrire la biographie de ses parents : un livre pour aujourd’hui, une mémoire pour demain

Photographie vintage d'une petite fille, habillée d'une robe élégante et portant un grand chapeau orné de fleurs, tenant un éventail. Elle est présentée comme étant Nicole Calmann-Lévy, déguisée pour une fête à Paris.

Il y a quelque chose de profondément émouvant dans le fait de voir une vie devenir un livre.

Au départ, il n’y a parfois que quelques photographies, des souvenirs racontés autour d’une table, des anecdotes que l’on connaît depuis toujours.

Puis les entretiens commencent.

Une histoire apparaît.

Et un jour, le livre est là.

On peut le donner à Noël. Pour un anniversaire. Pour un anniversaire de mariage. Ou simplement sans attendre une occasion particulière.

Mais le plus beau moment vient peut-être après.

Lorsque les enfants commencent à lire.

Lorsqu’un petit-enfant découvre que son grand-père a eu vingt ans lui aussi. Que sa grand-mère a connu une autre époque, une autre maison, d’autres rêves. Lorsqu’une photographie prend soudain un nouveau sens parce qu’elle est accompagnée d’une histoire.

Alors le livre cesse d’être seulement le récit d’une personne. Il devient une mémoire familiale.

Et peut-être est-ce cela, au fond, une biographie : recueillir ce que le temps pourrait effacer et en faire quelque chose qui puisse être transmis.


Faire écrire la biographie de vos parents

Couverture du livre 'NONNA' par France Oulman et Jessie Drouin, présentant une portrait en noir et blanc d'une femme.

Si vous souhaitez offrir à vos parents le livre de leur vie, je vous accompagne dans ce projet à travers des entretiens personnels et une écriture entièrement sur mesure.

Je recueille leur parole, je fais émerger les souvenirs et j’écris leur histoire avec le regard d’une journaliste et la sensibilité d’une écrivaine.

Parce que certaines vies ne demandent pas à être extraordinaires.
Elles demandent simplement à ne pas être oubliées.

→ Découvrir mon accompagnement pour écrire une biographie familiale