Ce que les flammes nous rappellent sur la mémoire

Jessie Drouin de dos en train d’écrire sur son balcon à Civita, avec le titre de l’article intégré dans l’image
CARNETS DE BIOGRAPHES

Carnets d’une biographe

Ce que les flammes nous rappellent sur la mémoire

À Civita, une leçon de transmission

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Ce que les flammes nous rappellent sur la mémoire

À Civita, une leçon de transmission

À Civita, petit village calabrais aux toits de pierre, les flammes ont ravagé le massif du Pollino et atteint les portes de Castrovillari. Ce drame m’a profondément touchée, car il nous rappelle combien la mémoire est fragile. Mais il nous dit aussi une chose essentielle : tant que les histoires sont racontées, rien n’est totalement perdu.

Un village, une histoire, une mémoire vivante

Il y a quelques jours, j’écrivais depuis le balcon de notre maison, suspendue au-dessus de Civita, en Calabre. D’ordinaire, mon regard plonge dans la vallée jusqu’à la mer. À la tombée de la nuit, la côte s’illumine au loin, dessinant une ligne de lumière presque irréelle.

Mais ce soir-là, le paysage avait disparu. J’apercevais à peine les toits des maisons quelques centaines de mètres plus bas. Une épaisse fumée avait englouti toute la vallée.

Le feu avait atteint Castrovillari, aux portes du massif du Pollino, ce parc national où l’on peut encore observer des rapaces planer au-dessus de forêts séculaires et où la nature semble avoir conservé quelque chose de sauvage et d’intact.

Le silence était étrange. Seuls les avions bombardiers d’eau rappelaient que, derrière ce rideau de fumée, un patrimoine naturel et humain était en train de lutter pour survivre.

Alors je pensais à ce village. À ses origines albanaises. À sa langue que même certains Italiens peinent à comprendre. À ses ruelles pavées, à ses maisons de pierre, aux légendes de sorcières et de loups que l’on raconte encore ici.

Je me disais qu’il serait tragique de voir disparaître un tel héritage.

La mémoire, un trésor à préserver

Nous nous émouvons, à juste titre, lorsqu’un village, une forêt ou un monument sont menacés. Mais nous restons souvent silencieux devant un autre patrimoine qui disparaît chaque jour : la mémoire de ceux qui nous ont précédés.

Les histoires racontées au coin d’une table. Les anecdotes que seule une grand-mère connaît. Les secrets de fabrication d’un grand-père. Les mots d’un dialecte qui ne seront bientôt plus prononcés. Les photos dont plus personne ne peut nommer les visages.

« Lorsqu’un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui disparaît. »
Proverbe africain

En regardant cette vallée noyée dans la fumée, cette phrase prenait une force particulière.

Nous ne pouvons pas sauver toutes les forêts. Nous ne pouvons pas empêcher tous les incendies. Mais nous pouvons encore préserver une partie de ce qui risque de disparaître avec ceux que nous aimons.

Écouter, questionner, transmettre

Prendre le temps d’écouter. Poser des questions. Enregistrer une voix. Écrire une histoire.

C’est aussi le sens de mon métier de biographe en Normandie : recueillir ce qui fait la singularité d’une vie, trouver le fil du récit et donner une forme durable aux souvenirs.

Une vie n’est pas une succession de dates. C’est un récit. Et un récit a besoin d’une plume pour trouver son rythme, sa voix, ses silences aussi.

Écrire pour que demain se souvienne

Parce qu’un livre n’est pas seulement un objet que l’on transmet. C’est une mémoire que l’on sauve des flammes du temps.

Que ce soit pour une personne, une famille ou une entreprise, chaque histoire mérite d’être recueillie avec attention. Si vous souhaitez en savoir plus sur ma démarche ou sur mes accompagnements biographiques, je vous invite à découvrir mon travail.

Parce que chaque vie est une histoire précieuse.

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